
Je souhaite vous partager le travail gigantesque que j’ai produit pour vous! Ce livre est le résultat d’une longue réflexion après avoir reçu au cabinet des centaines de personnes qui vivent à peu près les mêmes situations à un moment ou un autre de leurs vies. Je suis extrêmement heureuse de vous présenter ici des morceaux des chapitres que vous pourrez trouver dans cet ouvrage, que j’ai voulu vivant. Je l’ai écrit à la manière d’un roman, afin que vous puissiez vous projeter dans la vie de Jade, cette femme que j’ai suivi durant 2 ans.
Vous y trouverez des exemples et des exercices pratiques que nous avions mis en place avec Jade, et que vous pouvez reproduire facilement. Le but: être mieux avec soi, et être épanoui dans sa vie!
Pour ceux qui hésitent encore à pousser la porte du cabinet de sexothérapie ou de psychothérapie en général, ce livre pourra vous aider à désacraliser ou se faire une idée de comment se passe une séance et une thérapie dans la bienveillance et l’écoute.
Je vais vous laisser libre accès à des extraits du livre, chaque jours avant la sortie prévue le 13 Avril 2026 sur Amazon et en librairie.
Vous pouvez d’ores et déjà le précommander sur ce lien: précommande livre – vous ferez une bonne action car les fonds seront reversés à l’association Bella Becca Ranch pour les animaux médiateurs!

03/04/26 – Extrait Introduction
À l’aube de mes 20, 30, 40, 50 ans ou plus, qu’est-ce que je peux dire de ma vie ? Qu’est-ce qui fait que je suis moi dans mes sensations, dans mon corps, dans ma tête ? Ai-je ressenti assez ? Ai-je encore à découvrir, est-ce que je veux, est-ce que je peux ?
Je pense que la vie pourrait être un tas d’émotions non comprises sur le moment, des sentiments qui ont dû être repensés plus d’une fois pour enfin les comprendre ou enfin les digérer sans remords et sans peur. C’est un travail qui doit se faire en longueur afin de ne pas être dans le regret, dans la mélancolie, pouvoir se remémorer les mauvais mais également et surtout les bons moments qui font que la vie vaut le coup d’être intensément ressentie, riche en perception de soi et de ce que les autres ont fait entrer dans cette vision de nous. Cette vie est nourrie par les différents chemins qu’elle crée, des branches différentes qu’il est possible ou non de prendre, des routes qu’il faut accepter de laisser pour tracer ce que nos choix dictent dans notre passé, pour le présent et vers l’avenir. Comment cette vie aurait pu être si j’avais pris telle ou telle décision, à tel ou tel moment, avec cette personne ou non, avec ce travail ou un autre, avec cet achat ou celui-là ? Comment cette vie, ma vie, aurait pu devenir si tout d’abord je n’avais pas été moi ? Ce moi qui se construit dès la conception in utero, ce moi qui grandit dans un cercle familial qui posera les bases de ce que je dois faire, ne pas faire. Cette famille qui définira lors de ma petite enfance les dictats sociétaux et me préparera ou non aux échanges futurs avec les autres qui ne sont pas moi. Comment être soi dans un monde rempli d’autres, avec leurs regards, leurs besoins, leurs fonctionnements qui ne sont pas forcément les miens ?
Il est difficile de vivre pour soi quand la société nous oblige à être dans un rôle, dans un fonctionnement, dans une case que l’on doit respecter au risque d’être pris à partie, d’être rejeté pour ce que l’on est au plus profond de soi, d’être regardé comme quelque chose d’étrange, même pas comme une personne dotée d’un esprit qui pourrait seulement être différente du reste de cette société qui se construit autour d’un seul modèle. Sortir du lot est souvent péjoratif. Être normal ou atypique, voilà les deux seuls choix ? Non, je ne pense pas, et il faudrait déjà se poser la question suivante : qu’est-ce que la normalité ? Qu’est-ce que l’anormalité ? Pour qui ? Selon quoi ?
Elle ou il est trop ça, pas assez, manque de si, manque de cela, est beaucoup trop comme si, beaucoup trop comme ça. Il faudrait toujours réprimer ses propres pensées et sensations, ses propres sentiments pour exister aux yeux du reste de la population et être accepté. Les étouffer, les feindre, montrer quand on devrait le faire une émotion convenable pour les autres. Comme pleurer à un enterrement, ne pas rire trop fort en société, ne pas montrer sa tristesse ou sa joie intense devant des inconnus, toujours maitriser ce que nous pouvons, devons, ou au contraire ce que nous ne devons pas faire transparaitre au reste du monde. Mais, en fait, pourquoi !?
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
05/04/26 – Extrait chapitre 1 – Jade
Jade fait appel à moi pour mettre en place une sexothérapie clinique. Elle souhaite comprendre pourquoi elle a fait des choix dans sa vie qui ne correspondaient pas à ses valeurs et à l’image qu’elle se faisait d’elle-même. Elle veut également comprendre sa sexualité. Sa libido et ses désirs sont hypoactifs. Elle commence à se poser des questions sur son fonctionnement.
Cette femme a pris rendez-vous par internet sur mon agenda. Par conséquent, j’ai uniquement la description faite au-dessus pour imaginer ce qu’elle a comme objectifs. Ici, faire un travail d’analyse sur son passé et enfin comprendre sa sexualité. Faire connaissance avec elle-même.
Le jour de notre première séance, Jade est seule et arrive dans mon cabinet en avance. Elle est stressée et ignore comment nos échanges vont se dérouler. Par ailleurs, je ressens son angoisse et sa peur de se dévoiler à une inconnue. Faire la démarche d’aller consulter un ou une sexologue n’est pas toujours facile. C’est dévoiler ce qui est de plus intime dans son histoire, ce qui est encore tabou, ce que l’on n’arrive pas soi-même à se dire ou ressentir. Commencer une sexothérapie ou une thérapie analytique, psychanalyse, est déjà un mouvement vers la rencontre avec son Moi intérieur.
Jade est une femme d’une trentaine d’années. Naturelle, elle ne joue pas de son physique. Elle semble de prime abord fermée et ne dégage pas une extrême sympathie. Elle est habillée correctement et simplement. Pas de maquillage, très peu de bijoux. Rien d’extravagant. D’autre part, je perçois une gêne, les jambes croisées et les mains posées sur ses genoux également croisés. Alors, j’explique le cadre de la thérapie pour la rassurer, ainsi que le code de déontologie des sexologues. Cela l’a détendu et elle commence à s’installer dans une position plus propice pour dévoiler son histoire. La première séance est la base pour mon analyse des objectifs et de ce que nous allons pouvoir mettre en place ensemble. L’anamnèse permettra de poser la suite de nos entretiens et confirmer avec son accord ce qu’elle souhaite réellement. Ce travail thérapeutique ne peut se faire que si la personne qui vient puisse se livrer sans détours et sans aprioris, qu’elle nous fait confiance pour laisser libre cours à ses pensées même si elles lui paraissent brouillées et désorganisées. Nous sommes là pour analyser et remettre en ordre tout ce que ces personnes nous apportent par leur parole, faire émerger ce qui est inconscient à la conscience. Cette parole doit toujours être acceptée par celui qui la reçoit, sans jugement, sans avis, juste la prendre pour vérité, sa vérité.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
06/04/2026 – Extrait chapitre 1 – suite

Jade est mariée depuis sa majorité. Par ailleurs, elle n’a pas eu beaucoup de partenaires sexuels avant son mariage, rien de très marquant. Cependant, elle ne souhaite pas aborder sa première expérience sexuelle pour le moment. Tout ce qu’elle en dira, c’est qu’elle voulait que cela soit fait et vite fait pour faire comme tout le monde au lycée, se défaire de cette pression. Elle se trouvait en retard. L’expérience n’était pas plaisante et le garçon en question était un petit ami du moment qui ne l’attirait pas réellement.
Elle avait rencontré son mari lors d’une fête et avait immédiatement été intéressée par cet homme plus âgé qui lui semblait plus mature que ceux de son âge. Physiquement, il lui plaisait. Cependant, ils ont mis du temps pour se mettre en relation de couple, car il était réticent à la vue de leur différence d’âge, mais finalement elle était ravie lorsque cette union prit forme.
Puis tout est arrivé rapidement. Ainsi, ils ont emménagé ensemble pour des raisons pécuniaires pendant ses études, puisqu’il avait un bon travail et une stabilité financière. Puis, ils se sont mariés deux ans plus tard. Peu de temps après, ils ont eu deux enfants sans grands écarts d’âge. C’est ainsi qu’elle s’est vue devenir une femme mariée avec 2 enfants en bas âge, habitant en banlieue d’une grande ville dans une maison pavillonnaire avant ses 25 ans. Jusque-là, tout va plutôt bien même si elle ne se retrouve pas dans sa vie comme étant « heureuse ». Elle se satisfait de ce qu’elle a. Pour elle, c’est la vie que chacun espère. De plus, elle a fait les choses dans les règles qui conviennent à la société. Rencontre, mariage, maison, enfants… Chaque étape est respectée. Cependant, j’ignore qui valide, les autres, sa famille, ses amis ?
Le problème, c’est qu’elle ne ressent rien quand elle est avec son conjoint, ou rien de notable, pendant leurs échanges intimes. De plus, elle est dénuée de désir et encore moins d’envie. Alors, elle fait l’amour pour faire plaisir à son mari qui est en demande constante.
On verra plus loin que ce n’est pas viable sur le long terme ni même au début ! Cependant, on ne lui a pas appris ce que c’est la sexualité, comment elle pourrait la ressentir et l’apprécier. Par ailleurs, elle ne prend pas de plaisir même si elle a déjà ressenti quelques fois des orgasmes, mais il lui fallait du temps pour y arriver. Dans la plupart des rapports, son mari se montrait pressé. Les préliminaires étaient quasi inexistants.
Heureusement, selon son discours, elle est très investie dans son travail qui lui apporte une grande fierté. Elle a fait des études de commerce et elle voyage à travers la France pour le compte d’une entreprise importante axée sur l’exportation nationale et internationale. Ainsi, elle voyage donc très souvent, et son époux s’occupe de leurs enfants avec bienveillance, même si elle dirige quasiment tout à distance. Elle considère qu’il est un père de famille exemplaire. L’aide précieuse qu’il lui apportait était indispensable à son succès professionnel. Jade n’avait pas trop la fibre maternelle quand ils étaient petits, elle aime ses enfants, mais c’est un plaisir de partir pour le travail et d’avoir une certaine liberté. C’est une cadre respectée dans son domaine, avec des responsabilités élevées. Son mari n’évolue pas dans le même secteur, il a un statut similaire, mais dans le BTP. Voilà donc les faits réels de sa vie qu’elle me raconte lors de notre premier rendez-vous.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
07/04/2026 – Extrait chapitre 1 – suite 2

Elle ne possède pas de loisirs ni de hobbies. Jade a adopté le mode de vie proposé par son partenaire sans vraiment s’y investir émotionnellement. Elle vit sa vie en la regardant comme détachée de ses sensations. Jade s’est conduite conformément aux attentes. Être une épouse, une mère et une travailleuse. Le plaisir ne possède pas sa place dans cette vie. La seule chose qui la motive est son emploi, sa carrière.
Mais, il se passa un évènement traumatisant dans cette vie rangée et lisse de toutes sensations lorsqu’elle approcha de ses 30 ans, touchée par la disparition d’un enfant mort-né lors de l’accouchement. Elle me confia avec stupeur et choc devant cette phrase qu’elle s’autorisait pour la première fois à verbaliser, qu’elle n’avait pas ressenti grand-chose devant cette tragédie. À l’opposé de son mari, qui n’avait pas accepté ce fait de son côté, glissant dans une dépression profonde. Elle n’avait pas désiré cet enfant au début. C’était un accident, mais elle s’était résignée à l’avoir avec le temps, elle était presque contente. Elle avait pleuré quelques jours, mais elle était rapidement passée à autre chose. C’était arrivé, voilà, pourquoi en faire toute une histoire finalement ? Jade n’était pas dans le déni ici, elle avait accepté et verbalisé son histoire, ce n’était pas caché. Néanmoins, comment réagir face à ce détachement, se demandait-elle. Cependant, elle trouvait ces sensations manquantes comme bizarre selon ce que les personnes autour d’elle exprimaient, ils étaient plus tristes qu’elle, et à la vue de la réaction de son conjoint qui, malgré toute l’aide que les professionnels pouvaient lui apporter, n’arrivait pas à faire son deuil. Elle ignorait pourquoi elle avait des réactions différentes. De plus, elle n’avait pas envie de revivre cela encore et encore, son propre deuil était fait, on ne pouvait rien changer à l’histoire, du moins c’est ce qu’elle croyait. Nous aurions pu parler ici de résilience, peut-être, elle n’a pas été sans sentiments, sans réaction sur le moment, elle a pleuré, digéré et pris sa capacité à rebondir immédiatement après. Elle est triste si elle y pense, mais elle souhaite que cette étape de sa vie ne soit pas ce qui la définit.
Ce qui la perturbe, on y vient maintenant. C’est quelque chose de tout autre, mais qui a un rapport avec cette situation. Le lien n’avait pas été fait pour elle, il lui a fallu du temps pour le voir.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
08/04/2026 – Extrait chapitre 1 – Tom

Lors de nos séances, Jade a pris son temps afin d’aborder son histoire avec Tom, l’homme du téléphone. Elle voulait partager cela avec moi, car elle avait toute confiance, l’alliance thérapeutique était mise en place depuis 4/5 séances, elle m’avait exposé sa vie de femme mariée, sa vie de mère, sa vie professionnelle. Elle avait abordé également son enfance rapidement, un contexte familial de prime abord stable avec des parents toujours mariés. Jade était l’ainée d’une fratrie de trois enfants. Elle avait grandi dans une coquette maison avec tout le confort. Mais, revenons au sujet qu’elle voulait absolument faire sortir de sa tête :
Tom.
Ainsi, il avait le droit d’exister par son prénom, elle le nommait avec plaisir à contrario de son mari qu’elle présentait uniquement par ces adjectifs : mon mari, mon époux, mon conjoint. J’ignore encore à cet instant son prénom, je ne lui demande pas.
Tom.
Il était décrit par tous comme un homme bien. Un homme sur lequel le reste de l’équipe pouvait compter et se reposer. Tom était tout à fait respectable, marié et heureux en apparence, fier de son fils né quelque temps après son mariage. De plus, il parlait souvent de son envie d’avoir un second enfant, lui qui était fils unique. Il ne s’en cachait pas. C’était son désir le plus prégnant avec sa carrière qui décollait.
Jade le voyait comme un homme doté d’une grande gentillesse. Il parlait toujours avec maitrise de ses mots et de son ton. Une voix reposante, pas stressante, à l’inverse de celle de son mari. Il n’était jamais pressé, toujours mesurant son temps. Tout le monde appréciait Tom.
Un bel homme, bien dans sa peau, sérieux et fiable. C’est de cette façon qu’elle le voyait. Elle avait du plaisir à l’écouter s’exprimer, et se retrouver face à lui n’a pas déclenché en elle de sensations particulières, au début en tout cas. Rappelez-vous qu’elle ne recherche pas d’histoire, elle est stable et ça lui convient. Elle sort d’un épisode traumatique. Jade ne souhaite aucunement être l’objet d’une quelconque attention.
Elle passe du temps avec Tom, qui est son supérieur dans cet emploi transitoire même s’ils ont le même statut. Il lui explique les modalités de fonctionnement, lui apprend comment faire ce travail avec les nouveaux outils qu’elle ne maitrise pas. Tom est souvent avec elle. Ils parlent de travail en grande majeure partie du temps, toujours avec des collègues autour d’eux. Il y a une bonne ambiance. Cela lui remonte le moral d’être avec des personnes joyeuses et qui ne lui posent pas de questions sur son arrivée dans cet emploi. Elle trouve davantage de réconfort au travail que dans sa propre maison. Un signal avant-coureur qu’elle ne saisit pas à ce moment-là.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
09/04/2026 – Extrait chapitre 1 – Tom, suite

Elle qui voulait passer inaperçue comme femme était vue! Il avait porté son attention sur elle, et lui faisait comprendre. Par ailleurs, elle n’arrivait pas à accepter quelconque compliment sur son physique, elle ne se trouvait pas attirante, pas forcément laide, mais pas réellement dans les standards qu’elle s’imagine d’une belle femme qui attire les hommes. Pourquoi elle ? Un travail sera à faire sur l’acceptation de son corps et cela passe encore une fois par l’estime de soi. Je mets cela de côté pour le moment.
Quelques jours plus tard, il lui demanda son numéro de téléphone afin de pouvoir la joindre sur une application que tout le monde utilise dans ce boulot, c’est ce qu’il lui dit en tout cas. Elle n’avait pas cette application de messagerie cryptée qui efface d’un coup d’œil les écrits dès lecture. Jade s’est sentie obligée de l’installer, elle ignorait que c’était une application très utilisée pour ne pas laisser de traces. La suite lui a échappé complètement.
Jade et Tom ont commencé à s’échanger des messages de travail, toujours avec une pointe d’humour et seulement sur leur lieu d’exercice. Jamais lors de leurs congés ou weekend à la maison. Cela resta professionnel les premiers jours. Puis, il commença à lui envoyer des photos marrantes avec les filtres que l’application fournit. C’était fun selon elle, rien de très sérieux. Mais, les photos ont commencé à devenir plus subtiles, plus jolies, plus orientées vers l’attraction. Montrer son visage avantageusement par exemple. Tom lui disait à chaque photo qu’elle était belle, elle lui disait qu’il était superbe. Jade acceptait enfin ses compliments et ça lui faisait tellement de sensations étranges de ne pas les rejeter. Elle commençait à penser à lui, de plus en plus. Comme une drogue, elle avait besoin de ces échanges qui devenaient de plus en plus interdits par la morale du mariage. Elle savait que ce n’était pas normal entre collègues, et qu’elle devait le taire, qu’ils ne devaient pas en parler au risque de ne plus avoir cette dose de sensations inconnues. Jade a continué et Tom aussi. C’est allé crescendo. Elle se sentait bien, plus confiante, plus heureuse.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
10/04/2026 – Extrait chapitre 1 – Tom, suite

Qu’est-ce qui lui arrivait, elle qui avait toujours été stable et sérieuse ? Elle me dit qu’elle s’était laissée aller à rêver pour la première fois de sensualité et même de sexualité. Jade n’avait jamais eu de telles pensées, c’était inédit pour elle, cela avait laissé une empreinte forte et elle se souvenait encore de ce fantasme qui paraissait si présent. C’était plus fort qu’elle, elle partagea à Tom son rêve par messages. Il était très intéressé et lui demandait des détails. C’était la première fois qu’ils échangeaient sur ce thème, sur ce lien charnel qui se créait.
Cependant, elle trouvait cela très étrange, car ils étaient sans filtres, sans préjugés dans leur relation naissante. Lui, cet homme qu’elle pensait être droit et sérieux comme elle, ne l’était pas vraiment, et elle non plus. Mais, cela lui faisait plaisir qu’il soit comme cela avec elle, et seulement elle, enfin, elle espérait que cela soit vrai, qu’il ne faisait pas ces échanges avec d’autres femmes. Il lui disait qu’elle était la seule, qu’il n’avait jamais fait ça, qu’il ignorait comment faire et qu’il ne voulait pas qu’ils se fassent mal.
Cela devenait de plus en plus déconcertant. Ils avaient discuté face à face de la possibilité d’aller plus loin, de seulement se faire plaisir, se faire du bien. Profiter de cet instant suspendu de la réalité de la vie quotidienne qui n’était pas rose non plus pour lui. Ils étaient d’accord pour ne pas quitter leurs partenaires respectifs, maintenir leur secret et que personne, jamais personne ne devrait en être informé.
Il était déjà trop tard. La machine était enclenchée, la danse entre eux n’en était qu’à ses prémices. Avant d’aller plus loin dans leur histoire, abordons le travail que nous avons fait sur la construction de sa sexualité au fil de son enfance afin de comprendre ce qu’elle va vivre avec Tom.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
11/04/2026 – Extrait chapitre 2 – Sa sexualité en construction

Jade préférait s’entourer de garçons que de filles, même si elle n’avait pas envie d’eux, mais au moins c’étaient des amis, pas des petits amis. Malgré ce comportement, beaucoup d’entre eux la regardaient d’un œil envieux, elle savait très bien qu’ils auraient voulu autre chose, même les filles du groupe lui faisaient la réflexion. Elle préférait être une amie, même si elle était attirée par un garçon en particulier. Avec ce garçon, ils se sont grandement tournés autour, deux ans durant. Elle allait chez lui, connaissait sa famille. Elle faisait du motocross derrière lui, elle l’enlaçait volontiers. Ils allaient souvent dans la chambre de ce garçon, seuls, mais il ne s’est jamais rien passé car il était très timide, ça l’arrangeait. Ils se sont embrassés une fois, et ils se sont mis d’accord que ce n’était pas ça, que c’était mieux d’être amis. Ils avaient vivement ri sur le moment, c’est un bon souvenir. Ce n’est pas cela qui les a empêchés de se chercher encore. Ainsi, ils sortaient les soirs de weekend, et ils se retrouvaient dans un bus stationné qu’il ouvrait pour se blottir contre elle. Elle se laissait faire car ce n’était pas si désagréable et elle savait qu’il ne la toucherait que sur sa poitrine au pire, sans l’embrasser, sans aller plus bas. Ils sont restés amis pendant plusieurs années après le lycée, se sont revus une fois adultes. Il était toujours aussi timide avec elle.
Jade commençait à comprendre qu’elle était sûrement une amoureuse de l’amour qui ne pouvait pas exister. Cela provoquait chez elle beaucoup plus de sensations, voir la personne, savoir qu’elle est autant attirée par elle, mais que rien n’était possible en somme. Cet amour que l’on ressent pour une personne qu’on ne peut pas avoir entièrement pour soi. L’imagination d’une relation sentimentale sans l’approche tactile lui convenait finalement bien.
Mais, à l’adolescence, et à l’approche de sa majorité, elle sentait une pression sociale de la part de ses amis et amies. Tout le monde avait plus ou moins déjà eu un rapport sexuel, et les copines avec qui elle discutait lui disaient de se lancer, que c’était génial, qu’elle ne le regretterait certainement pas.
Un garçon, pas très attirant, néanmoins beau parleur, ne la lâchait pas à ce moment, elle accepta donc de sortir avec lui. C’était l’ancien copain de sa meilleure amie. Elle lui dit de sortir avec et de profiter de son expérience sexuelle pour s’y mettre si elle le souhaitait. C’était, à dire vrai, étrange que son amie lui dise cela, mais bon, elle se dit: « pourquoi pas ». C’était l’occasion de le faire une bonne fois pour toutes et d’en finir avec cette contrainte. Le jeune homme était très pressant, très tactile. Il lui fit des remarques sur sa manière d’embrasser, elle qui n’aimait déjà pas trop ça, cette remarque ne l’a pas confortée à continuer.
C’est donc lui, sa première fois dont elle ne voulait pas me parler au début de nos séances. Elle ne se souvient pas de son nom. Elle confie qu’elle a eu ce rapport pendant qu’il était ivre. C’était à une fête. Il ne s’en souvenait pas le lendemain. C’était fait, et elle aurait préféré ne pas le faire avec lui finalement, mais c’était fait. Pour elle, l’histoire était terminée. Mais il l’a harcelée au téléphone durant plusieurs jours, lui demandant avec insistance et sans délicatesse ce qui s’était passé, s’il l’avait déflorée, si elle n’était plus vierge grâce à lui, s’ils pouvaient recommencer car il ne s’en souvenait plus. C’était horrible pour elle . Elle a quand même accepté de le retrouver dans sa voiture afin de mettre proprement fin à cette histoire.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026
12/04/2026 – Extrait chapitre 2 – Avec Tom

Nous étions restés sur le fait que Tom et Jade s’étaient parlés, et ils avaient décidés de se faire plaisir ensemble. Mais la question était : comment ? Que s’autorisaient-ils ou non ? Que voulaient-ils dire par se faire plaisir ? Qu’est-ce qu’elle voulait de lui et lui, que voulait-il ?
Ils étaient connectés, elle trouvait que l’alchimie entre eux était très spéciale, elle n’avait jamais ressenti cette connexion, même pas avec son premier amour. Depuis le début, lors de leurs appels par téléphone, sans se voir, ni même savoir quoi que ce soit sur l’autre, le courant passait vraiment bien entre eux. C’était facile de discuter avec lui, ouvertement, ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant avec quiconque. Elle se livrait à lui sans réfléchir. Il faisait de même. De plus, elle m’assure qu’elle ne peut dire ce qu’elle ressent, qu’à cet homme, qui l’écoute sans émettre d’avis, sans jugements. Il se pose, sourit toujours mais d’une manière désinvolte, il la regarde, il est présent dans le moment, sans attentes. Elle fait pareil pour lui.
C’était tellement simple et facile de lui dire des choses sur elle ou sur lui. Jade commençait à ressentir des émotions intenses en sa présence. Elle lui faisait part de tout. Elle lui a dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi, dès qu’elle l’entendait, dès qu’elle le voyait, elle avait sa culotte humide. Ça le faisait rire, m’exprima-t-elle, avec un sourire. Tom aimait certainement savoir cela, il lui demandait souvent comment elle était « mouillée ». Pour elle, c’était totalement nouveau, elle n’avait jamais eu une lubrification aussi importante, incontrôlable. Rien que de penser à lui, elle commençait à sentir des choses là où elle n’avait rien éprouvé depuis des décennies. Des picotements, des fourmillements, des sensations plus que nouvelles par leur intensité. Ainsi, elle avait pour la première fois depuis son premier amour, des envies et du désir, qui étaient provoqués par quelqu’un, par Tom.
Jade reprenait le chemin des séminaires et des soirées à l’hôtel pour ses déplacements professionnels, mais pas très loin. Tom, faisant partie de son équipe, partait avec elle de plus en plus souvent. Alors, ils commencèrent à se voir seuls. La première excuse fut une douche en panne dans sa chambre d’hôtel. Tom avait la sienne qui fonctionnait et lui proposa donc de venir prendre sa douche dans sa chambre. Il était un vrai gentleman selon elle. Il n’a pas essayé de prendre la douche avec elle, il l’a attendu sur son lit, assis, presque timide. Jade trouvait cela mignon après tout ce qu’ils s’étaient dits. Il lui proposa un massage du cou, car elle était tendue, il l’avait remarqué. Ils se sont tous deux assis au bord du lit, elle entre ses jambes. C’était la première fois qu’ils avaient un contact physique. Ils étaient habillés. Il lui demanda juste d’enlever son t-shirt afin de pouvoir la masser. Ce fut le premier échange charnel entre eux et le début de leur manière de se faire plaisir.
Récit d’une sexothérapie clinique. Qui êtes-vous? L’histoire de Jade – Anaïs RAOULT – 2026